mercredi 5 août 2009

brâmer

La mémoire, à propulser, vers l’humain, le frisson ,

touch ! suspens du toucher les deux sens en contact, touch c’est autre chose, c’est l’expérience de l’autre dans ce non encore ligne de contact , feu dans la stratosfaire

oui , ce texte je l’ai trouvé chez Doneda ,

l’écoute, du souffle de l’imperceptible que l’air conduit,
un simple que ,
une relative sans suite comme le son que semble déchirer cette entente à atteindre le vide du mot, jolie expérience que ce vertige à peine ébauché, crissement à l’égal du blanc les mots accrochent le silence , la porte de l’inaudible, que

c’est le rythme plus que le sens des mots , c’est ce serpent qui bouscule en douceur par en dessous
l’imprévisible et la place qu’il laisse , au temps dans les interstices, les mots dans les sons les re-son et les non-sons , avant , après , au delà tout est dans ce murmure où des lignes de contact ces chantages de la vibration ces relations au son du passage de l’un à l’autre, massacre où les frétillements de sens, par la queue de tanche de haut en bas l’impromptu des couleurs à peines murmurées , quand elles se diffractent, marmoréennes, à l’insu et en cisaillement, les vagues comme coupées par un ciseau buté, imparfait même il tranche, déchire au hasard des fibres, c’est là que le son couleur s’inscrit à l’espace, dans cet outrepassement, ce surgissement de son absence, un petit rayonnement de son entre les lignes, c’est là que ça devient intéressant le reste est remplissage les couleur saturées qui cachent à force de hurler , formes etc . une brêche dans la craquelure ou l’outrage de la truelle, mais la texture , pompeux mot pour désigner ce frottement son être-là et son plus-là, soudain, à la mesure de la disparition rend l’écho la trace qui murmure, le temps , le corps une salive, un frisson, et quand le dire alors des geysers de crêtes des mots des tourbillons de silence à attendre, puisque l’absence absorbe, mais ce n’est pas qu’une absence l’anse anche os de la ou présence ou tout ce que les mots veulent désigner, cerner , bâillonner, c’est à l’aspérité quand désigner, dessiner est passé détrempé, que se joue en retard l’ étonné, là de l’anticipé , hors de l’énoncé, trait qui échappe à lui-même en devant et en avance , selon un schéma fixe, une pensée qui s’interpelle en dehors de la pensée quand elle s’oublie et révèle un entrebâillement, un art horizon, là je vois le surpassement de Scully, l’air, “no stranger to air”, retour des carrés bien formé à des lignes fixes tracées au cordeau mais en couches successives malgré tout le débord et le rebord pensent dans les remords, les fébrilités du peintres, osées, alignement qui permet la marge et l’a peu près, peut être même une révolte dissimulée à peine formulée, un simple gros oeuvre laissé pour compte contredit l’obstination à construire, cet écart dit ce qu’il faut entendre les stridences inocentes imperceptibles vaporisent des émanation quand elles se touchent, se recouvrent, se recoupent , l’essentiel est là le reste n’a plus d’importance , la bavarditude se perd dans les pointes des sons de ce qui se devine du non-peint, de l’enduit en dessous, des traces qui s’étant résolues à se taire causent,

Doneda c’est pareil , c’est à l’aventure du souffle en devant de lui , par pour surprendre mais se surpendre, suspendre, l’heure des orateurs , ceux qui péroraisonnent, braillent quoiqu’il fassent c’est dans ce relâchement de la volonté quand ça retombe, dès lors plus besoin de prétendre, la tension s’arrime et dans la résonance dans la traque mais comment traquer sinon en déraison,

la vaillance de l’air à la couleur claire, intermède la cessation du réel

ARB_DE

le vent la mer, ‘écaille, le temps qui fond va te le dire

brânme l’âne qui brâme anima ou brahma tout est dans les a coiffés ou pas ouverts ou fermé continu ou discontinu droite entre fil et entre son le rire pourrait pleurer en courbe c’est à la pointe qu’il s’attend

le bonheur

bon heurt

se résume à s’approcher des limites de ce qui est dit et un grand apaisement survient car ce qui est dit résonne , c’est dans ce re-son et la fréquentation de l’inaudible, l’invisible, l’inarticulé que se résorbe peut être le fatras ou la tentative d’exprimer, cette construction utopique pour donner forme face à l’usure du temps de la surface , dans la violence et l’effacement , ou ,
la poésie replonge dans le bouillon du silence ce qui se croyait dit , ce qu’il croyait dire , couleurs , mugissements , sons et effort démesurés face à leurs marges dans le silence ou le résorption des vécus, les appels du sens ,
finalement parlent d’elles mêmes ces têtes et queues du son , face à l’inouï ,

fascine cette tentative de porter le son dans ces contrées là , vers l’effacement, le murmure porteur de l’ensemble, dans le heurt aussi et la cisaille et la coupure, la réconciliation ,


quoiqu’il soit, c’est au dela dans le contact de la touche, du néant révélé

la poésie , là ou rien de prévu n’advient ,
ou le mot ne peut fabriquer du silence
se laisse dire en une échappée quand on lui lâche la queue et que retombe dans l’inexprimé , prend tout son sens ,

la construction est utopique elle cache l’essentiel et le dévoile, pourtant aux yeux de tous qui savent relâcher,
l’art, une tentative de s’y préparer ;
en quelques mots c’est ce que dit Miro lorsqu’il parle de l’artisanat qui finalement ne lui importe pas , il dit l’important c’est quand l’art se fait dans le silence de la pensée ; à l’improviste, en marchant , la tête vide .

Ver le voir

( après une lecture de John Berger , la forme d'une poche, fage)

attentiste, il se promène et hume , lève le nez , sa démarche indique une danse que son esprit impulse en tangage , ou est ce le corps qui se soulève comme porté par des vagues , là de terre et d'air , une ligne souple trace la marche de lave quant obéissant au principe en fusion elle se frayait un passage au travers, coulant sur , réfractant le réel sous la chaleur , poussée , irréfrénable , c'est l'œil qui erre , libre on dirait bien mais finalement promène l'éclat à la rencontre , de , question , ce principe vaut il, y a t'il fusion entre cet incandescent et ce passage qui, forme , au contact cette ligne, mouvement en onde que l'air et la trace déchirent,

voir , sans doute c'est ce que l'oeil cherche à faire , c'est pour cela sans doute qu'il erre et qu'il est à la recherche, en point de rupture, de la rencontre,

il dévale la pente, se suspend aux brindilles soudain ce sont goutte, lychen et immensité, mouvement aléatoire comme celui d'un derviche qui à tourner s'étourdit, sans doute pli pour les yeux à la déflagration du tournoiement, seule issue, révoquant par l'interstice du visible qui empêche la vision ,

sans doute cette exigence de l'intérieur de l'oeil dévoile la question embuée,

secret rondonnant d'un souffle qui s'extirpe en rond, ronde bosse du son qui dévale le creux brûlé d'un tronc d'eucalyptus , et écho qui avance comme un fleuve va vers , espace en semence infinie, l'étendue est question impalpable , ou n'y a t'il que l'appel de la voix qui résonne

questions, l'oeil , la voix , le son se heurtent au vide qui solide dit le monde, nécessaire , nécessaire, l'oeil, la question est nécessaire, voir, cette insistance, même, à risquer dans l'empoignade du vide, qui finalement semble ce heurt, cette rencontre, cette alliance , ce passage qui agrippe de chose à chose, cela révèle cet arimage de l'absence, révèle la distance de points à point permet l'échange et trace à la manière d'un son, d'un trait qui scande, affirme. Dans cette brève incursion du voir, que le toucher en même à même ne cessait de pointer,

ces heurts comme les limites d'un corps qui accroche la plume sur le papier , rugueux l'arrête de la roche blesse la main qui sursauts, accrocs du réel, trébuchent ou raccourcis qui, silences en taisant se font signes , anicroches , cet arrêt, comme une mort , une blessure , un creux dans le terrain, une faille ou hausse de ton de par et d'autre, que l'on peut lire comme dièse, dissonance inévitable, ces tachent sont comme des crocs , des trous ou chute la chair, ces percés rappellent la vie et la disparition, l'absence, qui apparait, tangible dans cet amas qui effarement interpelle, giclure de sens à l'éveil de l'envers, que je nomme point, arrêt d'urgence comme ceux qui ponctuent l'ébène enveloppant le tout de sa nuit , étoiles ou chocs du visible , apparitions ou disparitions, disparate réel qui soudain dans un jeu du temps permet cet aller retour de la matière à l'éclat, insistant de la rencontre ,

comme un clash

cette révélation d'un être au monde , absurde parce que de deux bords , l'oeil le réclame , il lui doit de s'appartenir entièrement des deux cotés de la raillerie , car l'adéquation entre ce que l'oeil est forcé à , de manière tangible , sans conteste , narre ailleurs une légende inconnue, les sens et le sens qui se fait jour au clair du voir est toujours à la limite de l'effacement ,

le réel n'a pas de sens ,

et la pierre du jet ensanglante l'oiseau qui écorché dans sa vie git ; plaie du monde offerte à la mort, l'impulsion était mortelle et se soumet au sang , faut il le comprendre , avoir vu ce vol entre le ciel et gésir comme pierre et boue , le voir lui a dicté le viol , désir , se saisir , cette liberté qui est battement de l'aile bat dans les tempes et est semblable au battement des veines , à la course effrénée dans les bois , le saut par dessus le bosquet , et le plongeon dans la mer ; la crique d'eau et le criquet hurle déchire l'ordre

et intime cessation ,

serait ce manque, cette absence que l'esprit ressent si vivement , ce vide qui fait sens, il faut s'y résoudre , car le pas appelle le pas , et l'enchainement des choses non ordonnées mais nécessaires, et donc qui se succèdent , il ne s'agit pas de disparition uniquement , ou d'absence , de course haletante à la manière du cerf ,et des cornes qui sont arbres , pourquoi , il s'agit plus surement d'un halètement d'un surgissement hors de l'espace que l'on met tant de temps à percevoir , hors de ce qui ponctuent , les choses du réel , que l'on touche et qui nous limitent mais nous relient , nous sortent de l'obscurité de l'attente de l'oeil aux aguets , qui va reconnaitre et impulser ce jet à survivre, captation qui est comme ce pas qui élance la marche ,

hors de l'invocation de l'absence, feu désespéré d'une magie qui parce qu'elle a vue, cru voir, s'est habitué à se penser dans cette totalité , le temps qui fragmente vient détruire et déchirer, remettre en question ce qui tait dans l'esprit, cette union qui fut et donc est et se doit de reprendre ,

voir ,

hors de l'absence , se saisir de ce qui te dit vivant et empreint du monde.

comme

si voir

remettait en question l'absence et l'apparition , le réel s'aborde dans la rencontre et de là comble.

Au pays du long nuage blanc

fini de lire le journal de Charles Juliet en Nouvelle Zélande, de Juliet je connaissais surtout les entretiens avec Bram van Velde, concentré de puriste attitude en Art, qui m'avait marqué et en même temps ennuyé car répétitif ,

la nouvelle Zélande, le pays où je voulais émigrer quand j'avais vingt ans et dont le rêve me poursuit, voyage jamais fait, un grand regret ; la rencontre improbable du poète de Lyon , qui se qualifie lui même de rigoriste et de ce pays dans l'océan , où la nature est ce qui conduit les hommes, le simple le pur mais comme évident, c'était ce que m'avaient laissé comme impression mes ami kiwis, cette rencontre au jour le jour m'intriguait , j 'ai fait le voyage.

passionnant

rétif d'abord, Juliet souligne l'importance de la vie intérieure, de la vérité comme nécessité, comme point de départ, d'ancrage ; des réflexions sur l'art et l'introspection pure doivent à la vision chinoise, à l'expérience intérieure indienne, au parcours du poète qui effilant son expérience douloureuse parvient à domestiquer le chemin des mots et en faire un chemin d'art,

ascèse,

la rencontre avec l'autre, le différent, le désarçonne, il semble s'ancrer dan un chez lui qui loin, lui manque, moi ce serait plutôt l'inverse , et je m'étonne qu'on puise se surprendre de l'autrement, qu'il puisse y avoir un lieu qui soit "chez soi", d'autant plus qu'une bagarre existentielle contre ou avec le moi, le soi, condition du départ de l'œuvre, est au centre de son questionnement, mais la rencontre a bien lieu et l'écrivain, petit à petit rencontre ces deux iles, se frottent à des humains de tous bords, car pas forcément de nouvelle Zélande ; à force se fait jour un achoppement , appontement, d'où embarquer ;

je suis sensible à ce style du jour le jour, journal ou s'écrit de façon rigoureuse et froide les événements, les rencontres, les pensées, la vie intérieure ; ce n'est pas la rigueur qui me touche mais plutôt cette absence délibérée de style , dès que les poèmes s'en mêlent, je n'y suis plus et je les trouve froids, sans raison d'être ; de là la question, pourquoi écrire sous forme poétique ? non je préfère le journal , le poème a d'autre racines, vives et d'eau.

C'est cette absence de mise en danger littéraire (apparente) qui me plait, elle permet le face à face sans fard, il le dit lui même, il a moins peur d'écrire, l'ailleurs peut être déréalise les enjeux de l'écriture, pour lui ; pour moi elle est rendue plus proche de sa finalité, une sorte de distance abolie, ni réaliste ni poétique, cette fameuse interrogation de pourquoi la poésie comme forme ;

j'aime cette proximité concrète, elle rejoint mes interrogations récentes,

finalement un dialogue entre les contradictions de l'écrivain qui reflétées par le nouveau pays se muent en interrogation en miroir,

c'est bien ce que je voyais en Nouvelle Zélande, un pays, quoique très provincial, c'est ce coté banlieusard qui me fait tiquer, très proche de la nature, où les éléments, le climat, les histoires humaines et les paysages font une grande nature qu'il n'ai pas possible d'éviter, mais de façon douce, c'est la différence avec l'Australie ou la terre est violente et démesurée, la terre et les hommes comme pris en étau,
et je me demande si cette référence constante au rugby, trait de civilisation , c'est vrai, mais je me dis que rapprochée de celle à la primauté de la vie intérieure, de l'exigence absolue de la littérature, n'est ce pas un vilain tour de ce pays qui te ramène au corps ! voila que je te dis tu , la distance n'est pas de mise puisque tu me parles , que tu te sers de moi pour écrire et poser tes question à travers le prisme de la terre rencontrée et des hommes,

oui cette terre peut enfin se livrer, l'écrivain s'y intéresser et ..; sublimes pages ou il voit ; les paysages l'air les nuages les orages le déchiquètement des cotes et la violence des orages , des tempêtes,

là je me sens peintre et je vois moi aussi cette nature qui parle directement à l'intérieur humain, le dialogue est choc ; ce n'est pas anodin je trouve,

après avoir souligné l'axe intérieur de l'être humain , l'écrivain est pris du vertige joyeux du corps et voit le monde , avec douceur et, délectation?

les deux sont liés, et la paix arrive, sans doute de là, est ce nouveau ? je ne le connais pas assez pour le dire mais c'est parlant,

tous ces éléments, cette réflexion et finalement cette reddition au monde sans qu'il y paraisse ; cette simplicité de ton me bouleverse et me convainc , c'est la que je me sens le plus proche de moi même , dans ces moments là et dans l'absence de distance, si possible , par moment , je m'y vois ,

j'ai aimé John Berger pour ça aussi, cette distance abolie qui tend la main à l'autre et la rend palpable indispensable présente ,

et cette absence de style, le style qui fait disparaitre l'autre , et je me dis que c'est dans cette équation que se trouve ce que je cherche ,

la poésie pour moi restera ce moment-aquarelle où les mots servent de pigment à un ressenti, une peinture sensible,
la tentation d'intégrer les rangs des stylistes est là où je perds le temps ; mais des moments existent où je ressens si fortement qu'il faut dire , l'écrire ; a t'elle pour autant tant d'importance l'écriture , veut elle, exige t'elle de rejoindre l'universel , le figé ou au contraire doit elle être le plus libre encore ; rejoindre l'ellipse du haïku, évidemment pour moi pas de cage, les recettes, méfiance, et le réel c'est être au plus près de ce mouvement que je sens , de ce que les yeux voient, de ce que les yeux pensent ; de ce qu'ils mangent en regardant , ah cet océan bleu noir dans les yeux d'Amina , ce n'est pas de la poésie , c'est là et drapeau rouge ou pas il faut s'y baigner,
je le vois , cet océan et il peut être rouge , parfois ,

quand je vois je pense , drôle d'alchimie , je pense et c'est la que la poésie s'installe quand elle voit, c'est un écart , si l'on poursuit, alors un vrai voyage s'instaure , risqué mais beau, l'aventure énigmatique de l'espace du mot dans l'esprit de l'homme au monde;

mais les nuages et l'océan me disent tout si tu es là , et c'est ici la difficulté ; à combler, être dans la poésie et la relation , et bien sur au plus proche de soi, du cœur,

je me le suis dis dès le premier jour d'art, le cœur , biotz begietan, toujours !

le vent en rafale te ramène toujours à toi , voila que je me tutoie,

ça m'a fait avancer , à ce jeu de qui avance recule, subtil équilibre !

La cour

Bamako

!à voir absolument ces quelques quatre vérités assenées à la logique occidentale,
divertissante (!!!), divertissement genre star AC , la photo le ferait croire
en guest star : l'Afrique , Aminata Traore, et le FMI , de quoi se tordre de rire effectivement...

Bamako , un procès où les accusés sont les grandes instances internationales , le FMI, la banque mondiale....le procès se tient dans une concession , une sorte d'arrière cour, le procès se tient dans l'intimité sociale, l'afrique à domicile en minuscule et l'on voit les gens allez et venir, la vie quotidienne se refléte dans les visages, l'Afrique est au cœur des débats, comme une peau, le grand vécu sur les traits et les postures, les vies qu'une mince paroi ni un contrôle policier ne parviennent à dissimuler ni filtrer, le temps est le grand invité, la sagesse ancestrale et le chapelet de la vie, va et vient de l'être humain et présence immobile ne sont pas invités à la barre, mais elles semblent diriger les débats d'une voix muette, cette voix prendra de plus en plus d'ampleur parce qu'elle est tout simplement a cœur de tout; Tout rappelle le débat central et si la robe de loi est occidentale, l'africain ne peut se voiler longtemps , la banque mondiale ne peut qu'être condamnée parce que cela est inéluctable , la décision se lit dans les vie comme une réparation nécessaire pour que la vie reprenne son cours et dérive de la violence urbaine, des sacrifices des générations, guerres ou émigrations assassines,le futur est mandé à la barre et avec lui l'utopie dans le lieu de la parole ,

on y retrouve le juge et des avocats , des témoins , dont une prestigieuse Aminata Dramane Traore , auteure entre autre de: « l'étau » , l'afrique dans un monde sans frontières ", ancienne ministre de la culture , femme d'entreprise qui place la culture comme centre à l'entreprise et pense que l'Afrique loin d'être pauvre est trop riche de sa culture , d'autres, comme ce professeur veut penser un monde africain qui échappe à l'occident, les instances internationales se défendent , se succèdent à la barre les témoins qui refuseront de parler ou appelleront la grande antique parole africaine , véritable personnage, n'est ce pas l'Afrique elle même cette parole à l'existence surnaturelle,

l'Afrique , chez elle dans sa cour, amusée ou outrée de se travestir prend la parole , contre celle imposée de l'occident, elle retrouve sa logique propre et défie la pensée occidentale , le professeur d'économie politique dit que non , l'Afrique n'a pas besoin de banque, Aminata parle de paupérisation plutot que de pauvreté, une épouse exhorte un mari à quitter cet habit qui ne sera jamais le sien, une femme si belle se drape dans le noir d'un silence inexorable mais inflexible, un avocat blanc nous dit l'inévitable dans un réquisitoire enthousiaste et juste, l'histoire ne peut que condamner ce manque d'humanité, inexcusable, l'occident régnant est coupable, qu'il cesse d'être le maître!

mais ce procès est encore le témoin d'une occupation occidentale , dans la rue ceux qui attendent , vivent , sont indifférents , meurent , vont travailler et se préparent à l'exil , ces visages , ces corps qui s'imposent de manière silencieuse comme étant irrémédiablement là , au delà des discours et des concepts, des jugements , ces hommes et ces femmes sont l'Afrique , le reste est mascarade,

qu'est ce donc que ce mot l'"Afrique"? dans ce mot le dessin danse la ligne , sculpte la forme comme un mot résonne de parfums , de couleurs , de sensations qui finalement incarne la chose , la chose nommée prend existence , l’identité ! je me souviens d'Alphonse Tiérou, du nom africain, de waati, du masque, deuxième visage mensuration de l’être, Ce nom porté comme l'empreinte d'une mère, peut être si vieille qu'elle en parait impotente, out of date, dépassée, mais qui inlassable rappelle l'évidence au cordon, terre du monde, terres des homme, la dette est impayable, "l'unpagable" d'Amériqe latine, la dette est à remettre à la mater-terre, à l'humain-mère, impayable respect du à l'existence que nous bafouons, sous des mots-décharge, mots-poubelle, l'oubli de la parole,

quel est il ce mot ? que dois-je défendre en l'entendant, et pourquoi ma peau blanche frémit elle ? de ne pas se retrouver blanche, d'un ton de blanc inattendu qu'il en parait noir, si beau à fleur de terre !
« l'Afrique est en nous » : Je me souviens des mots de Biga, comme pour me convaincre de la force de ce procès, calmer cette angoisse qui me met de l'autre coté de la barre. : Mais cette parole est aussi la mienne, ce visage, la fierté et la beauté est aussi la mienne, je défie les instances, l'Afrique est en moi, Aimé Césaire me parle dans mon sommeil et répond à ma question d'homme ante-occident, outre-France, Césaire comme dans « une journée sur terre » plane sur les débats, d'une phrase, d'une dédicace et comme les autres écrivains africains, ramène l'homme, la femme , l'enfant en point de mire, fierté à reconquérir, latérite de la terre d'érosion, l'humain n'apparait nulles parts aussi présent ni déterminé à ne pas abdiquer, une exigence indéfectible qui rappelle le moderne à sa condition d'homme, préalable incontournable,
On ne voit que la vie sous les fards de la destruction, ce grand changement indispensable, est-ce une révolution, est-ce ne guerre, changement de cap vers l'immense humanité du respect, souche de l'identité, miroir poétique, la beauté, comme le tatouage, est le miroir du monde, nom parole, humanité en déroute, sagesse antique qui donne le droit de détrôner le tyran, le temps long à fleur de vie est implacablement enracinés dans les rides, présence et larmes, magnifique, l'humain la mort en attente ; et c'est l'homme , la femme qui veut reprendre vie , de façon inaudible mais incoercible .

coeur de gesta

affinités avec cette grande région , par exemple mon admiration la plus évidente va à Bernard Manciet , poète gascon d'Uzeste dans les landes,

il me semble être le chaînon manquant entre la France occitane et la porte de l'Afrique ! On sent dans sa langue comme une chair de la terre et les fruits que sont les hommes, gros de toute l'histoire littéraire française et romane il accouche d'une modernité tournée vers le sud, ouverte et libre, sa voix noire de sang gascon se hérisse de ce vingtième siècle que la révolte noire a appellé JAZZ, Bernard Lubat le troublion le fait baigner dans cette eau de révolte réminiscente, elle s'accorde au vieil homme et ramène au rivage la douleur de l'engagement dans l'histoire, la modernité, la mort qui rode et le recul d'un enfant d'un pays rompu aux meurtres de l'histoire, éternelle résistance, l'homme de la culture a le corps dans le peuple et se souvient, sagesse incarnée dans le temps d'un sourire qui pourrait être paysan et qui l'est quand il appartient à la terre.

ma frontière est un vent du sud, frotté aux rigueurs et à l'immensité atlantique, elle s'élève en montagne , elle a le baiser des franges de l'Afrique, elle s'inscrit dans le sang à la rougeur d'une terre incertaine ou règne l'homme, vassal de ce qu'il asservit , terre rouge qui le ramène au charnel des cycles des saisons et donc à la mort, matinée de vie, fruits et soif le voir est une strate ancienne, rappel de ces volcans d'où a surgit le jour ,

mes poètes sont espagnols, Guillen, Gamoneda , Valente et tous les catalans, l'ancestralité se lit dans les rides et les plis du geste de la peinture, fille de l'occident elle s'inscrit dans la nuit, rivalise avec la mort et crie la vie en éclats de lumière, primordial dans mon rapport a l'art,

poésie,

le mot est plutot prélude aux sens , issu du vivre et de la question, c'est en véhicule qu'il recouvre l'indéterminé, l'humain dans ce son s'allie aux autres sens, le jour nait et avec lui la vie comme elle se perçoit, distingue l'humanité en pressentiment.

comme Gauguin, je dis si tu vois du jaune alors met du jaune ! écrire ce qui est à l'œuvre dans ce grand laboratoire du vivre , du voir, sans la distance de la pensée, sauf dans la mesure ou l'agir est pensée, loin du cartésianisme, frontière de l'identité française que je n'ai eu de cesse de vouloir franchir jusque vers l'expatriation, je suis le fils étranger qui a du subir son ascendant, cette distance fondamentale, acier martelé par cette annexion dans la culture française;

oh ma langue aux inflexions pré-indo-européenne ! oh frontière de l'Afrique! vents atlantes et chaleur de la sierra ibérique, je suis la mémoire d'une langue aussi vieille que les pentes vertes de la montagne, matière abrupte que détoure la rive atlantique, à l'horizon de l'immensité océane.

En découle cette fascination pour toutes ces littérature qui à la suite du surréalisme ont permis aux identités de se re-forger , au sein d'une langue d'emprunt, léguée sans lait maternel, nourrice de l'histoire , berceau d'un aller dans un aléa du fleuve, j'entends les voix retrouvées moulées dans la langue française , l'alter-langue, la langue exilée réinventée, invocation et transe de la langue ancienne, oubliée ou rendue impossible par l'oubli ; imminente il s'agit de l'humus de l'émergence de l'homme nouveau, permettre la circulation du sang dans les veines asséchées , il s'agit de se tenir droit et de retrouvé ce sens égaré.

Ces mouvements ce sont ceux de la créolité (cuba y compris, wilfredo Lam par exemple ou Cabrera Infante et bien sùr les antilles, Aimé Césaire et une floppée d'écrivains, de glissant et son tout-monde à Chamoiseau , de Frankétienne à Gisèle Pineau; l'afrique avec des écrivains comme Tanella Boni , Sony Labou Tansi, ken Bugul et bien d'autres,

Pour moi c'est une évidence depuis longtemps , je ne me sens pas intégré dans la pensée et la langue française , mais pour autant, exilé hors du "maternel"( la langue, la terre, la parenté, la possibilité d'une identité fixe, et la nécesssité d'une sorte d'exil) je ne suis pas pour autant basque, ce vocable recouvre néanmoins une réalité-humus, une vigueur-nervure, baton où planter le sol , mais ce baton est multiforme, en mutation perpétuel il ne cesse de réinventer la forme qu'il doit à ses racines , à ses branches, ses fruits et ses feuilles, aux oiseaux qu'ilabrite et l'assaille des milliers de langues de Babel, rongeurs et insectes, champignons aux creux et esprits qui habitent la couverture d'écorce, mon arbre est il ce baobab fou de Ken Bugul, qui est il et ne peut il pas être que forêt ronde et murmure chanté d'arbre en arbre, connivence et témoin de la terre , je n'est il pas ce rhizome aérien, spirituel, l'arbre pontue l'espace du monde et rappelle à la responsabilité commune, la nécessité du dialogue; de l'amour et du respect, l'arbre est jour, cette grande nuit , angoisse de ne pouvoir se satisfaire d'être ce qu'il semblerait que je suis , il est vrai que je ne suis pas celui que je semble être , la france idéale ne peut être que révolte , pied de nez au pouvoir, à l'assignation à résidence , au délit d'identité (quand les murs tombent, ed Galaade), c'est pourquoi les chênes accueillent les danses du monde, les chants en répons, et ne se suffisent pas , ils sont le lieu de la rencontre et la nécessité de se penser autre, terreau fertile ou feu de la saint jean, recommencement, rive d'eau prélude au départ pour retrouvailles, résistance à l'obtus et négation de l'ordre imposé, sans relâche pour simplement continuer à être , chanter comme une mélancolie l'impossibilité d'accepter, la nécessité de rejoindre et le respect du vivant;

même si des mouvements telluriques humain au fond de moi me secouent , force est de réinventer avec ce qu'on m'a donné, je m'intéresse donc à tous les mouvements qui s'efforce de réintégrer ce que les humains sont dans une langue et une forme contemporaine , le retour au pays natal de Césaire, le tout-monde d'édouard Glissant, mais aussi beaucoup d'autres pensée ; être français a t'il un sens hors d'un projet politique et intellectuel (le royaume et les lumières, la révolution française) mais aujourd'hui , cet héritage est il le mien , non , me reconnais-je dans le harcèlement de la civilisation post-moderne et américano-européenne , non , l'urgence de réinventer le monde et dresser (debout ) une humanité digne de ce nom , oui , par quels moyens , tentons ce que nous pouvons !
c'est un état d'esprit, je pense qui ne peut être que de résistance et de prise de position , le vert est une belle couleur mais surtout non avons besoins de couleurs !

la vie est belle , mon vieux (Nazim Hikmet)

et aussi l'expérience hispanique en Amérique latine qui n'est pas sans rapport , l'Amérique blanche avec l'invention d'une modernité, en particulier Williams Carlos Williams ,

Une autre influence déterminante se situe dans le voir et le peindre, le signe , d'où l'écriture découle et la radiation de la couleur et de la lumière , Tal Coat , rafols casamada et une floppée de peintres qui ont cette compréhension physique du monde , la forme vecteur de sens, chillida et hepworth , et la peinture contenue dans les mots , jorge Guillen, le rapport du peint à l'écriture sur lequel je travaille actuellement ,

on en finirait pas , mais voila pour l'essentiel , une quête de sens dans les sens et l'élaboration dans langage capable de dire l'essentiel caché aux yeux de tous , la peintre ou l'écriture est dans ce cas la () revendication et renaissance (?)

évidemment la nature et la lumière finissent par être les plus fidèles alliés dans cette reconquête car elle mènent à une sérénité retrouvée , absente du monde des hommes , même si l'être humain et la femme demeurent essentiels, là est un problème quasi insoluble et peut être faut inventer d'autres voies et se laisser aller à un cousinage universel, le geste de l'homme (et de la femme) est a coeur de ma peinture sous l'habit ou le prétexte de la nature, de la couleur, du trait , de l'espace , (Maldiney)

ma nature est anthropomorphique parce qu'elle est habitée , fondamentalement , l'homme est au centre du geste , dans la voix , il va vers et se reflète en miroir au coeur du vide ,

Biotz begietan disait un poète basque ce qui revient à dire mes mots "l'oeil au coeur " , prélude au geste qui installe ce qu'il y a d'humain en nous à l'horizon de la vastitude

la nature reflète l'homme et l'homme ne peut se penser qu'en vocables de nature !

il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,

Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.

La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.

par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur, qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement ,

à chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace , vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l'entre de l’espace, qui qu'il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent,

le peintre

Le peintre sillonne le paysage, il aime à parcourir l’étendue, du regard, de son pas, il marche et l’œil divague comme un océan incertain, couleurs, matières en mouvement , informes car la marche immerge dans une sensation vaste, seule la perception qu’il en a le porte, le prolonge,

Dans cette élongation de l’espace qu’est le pas, pensées et rêves envahissent le regard,

Il ne s’est pas arrêté, il hume dans l’énergie du cheminement, la vitalité englobe tous les temps et l’effort physique prélude à la vision, il se sent vivre, plus tard il y repensera, à la manière des peintres chinois qui rentrés chez eux livrent le voyage à l’encre au papier.

Là, il se rempli de l’odeur du monde, salue les fourmis, les coques et les cosses, les élucubration des branches d’eucalyptus au vent bleu, il s’amuse des glissades dans le graviers du chemin et repense aux lieux du monde qu’il a connu, lieux de glace, minéraux et ruisseaux, douceur et incandescence, qui l’habitent mieux que d’y être, la Tasmanie ; ce qu’il aime quand il arpente,

Il s’arrête au tronc d’arbre, son préféré, l’eucalyptus, il soupire car ici il n’y a pas de koalas, des écureuil souvent dans les pins, il chasse ses pensées et déballe sa boite d’aquarelle, des pinceaux, un peu d’encre, quelques bambous taillés, des feuilles à même l’herbe, il aime l’herbe, les racines qui empêchent le confort, et le rendent plus réceptif, le réel plus près du rêve, il y voit ce grand mouvement du dos de l’écorce, il y perçoit la peau, ces échancrures d’une mue, il y danse ces longues tiges et les feuillages s’ébouriffent, les fleurs ou les fruits fécondent l’outremer,

Il se met à tracer le geste que son œil perçoit, l’encre gratte cet élancement de vie, il y insuffle la couleur qui l’envahit, il ne cherche pas à reproduire , non, il parle à l’arbre, il lui dit pourquoi il l’aime, il pourrait le caresser, qui de lui ou de l’arbre est dans le geste, surtout ne pas oublier, le temps, le vent et la poussière surgissent en même temps que le dessin,

Il dit, deux lignes surgissent du sol et illuminent, l’arbre, le bleu, le rire du feuillage, frémissement colibri, rêve koala même s’il sait que … mais c’est dans le rire de l’arbre.

Il peint par série, quatre, six, plus peut être quand il s’acharne, de feuille en feuille un voyage sur ses genoux, porte, ces yeux sont des pieds, il rit de ces mots, c’est avec les pieds que les yeux voient.

Il aime ces moments, il pense à Diane pour qui le paysage se lit comme un livre, les abos ont un chant qui est comme une ligne de son à fleur de terre à travers la roche, le pays et la chaleur, est-ce si différent de peindre, la feuille reçoit les confidences anciennes et l’aide à retrouver le chemin comme un chant.

Serait-ce que les traces de couleur et les lignes forment une carte du visible ? L’arbre lui-même est-il un itinéraire de la lumière ? La terre se laisse-t-elle respirer ?

L’œil marche mieux que deux jambes et cherche à s’emplir de la vie vue et la nature en chemin comme un lièvre qui détale.

rives

mercredi 8 octobre 2008

même
si on ne la connait pas
qu'il faut frapper à la porte fermée
interroger l'invisible
de derrière la

porte fermée
tu sais c'est pas facile , des fois
des fois je

voudrais la raconter
l'histoire même si je ne la connais pas

essaye
, peut être qu'elle surgira des mots
à l'improviste mais les mots me
semble vide, ils résonnent

à vide dans le silence
comme s'il ne s'appartenaient

plus
comme s'ils sonnaient creux quand je les entends
rire
alors

j'essaye de les additionner
et de là peut être que quelque chose
voudra

dire
tu comprends ?

oui
, je crois ,
je comprends le désarroi
l'histoire hurle dans le silence
et tu
ne peux pas la dire

Faut il se contenter de laisser vivre
ce qui pousse ou
déborde

prendre un certain recul et dire mon rêve
ma pensée mon désir
mon enracinement à l'horizon

ne faut il pas

se bander et propulser l'informe

et oser
le provoquer?

doit il ce désir attendre le moment

embourbé

doit il fatigué de suivre les méandres
qu'a fini par creuser la pensée
le
souffle
le corps

décrépi à force s'imposer

décidé à déchirer ce voile

virginal
qui recouvre protège ce que les yeux
et l'envie voient au loin
trop
loin

absent de soi.

agripper, passer au temps présent
verbe d'action
transitif acter

est-ce la poésie cela
destin humain que de se
satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entre des parenthèses de style
capotes
qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas

et réduire

claquer la porte à la claquemure

se laisser revivifier par le vent froid gifle du réel,

mais qu'est ce, le réel
une surprise un élan
inattendu inusité une piqure de froid
une brûlure

et, assuré

sauter

bond d'un homme déterminé
du coté de l'incarné

homme que je me dois d’être

ce bond en est la condition
au seuil de l'air
accroché par les aspérités
du déchainement de l'entre-deux pas

cela devient obscur dès que l'on divague
on perd le sens de ce que l'on voulait
dire
et il me semble que je me perd
l'esprit me détourne
c'est sans doute la
difficulté de dire
rester en phrase avec le brut des mots
Tristram l'a bien
montré
à suivre les courants de l'esprit
la boucle entortille le vécu
et forme
une immense pelote

vécu rêvé inaccompli
tout ce que l'esprit et l'humain peut agréger
inventer témoigner on s'y perdrait et est-ce le but
il a
écrit le long de ses lignes ces failles

on en prend la mesure

mais est-ce d’avancer en attendant
en poursuivant

et enclencher se rapprocher

accrocher le filin au balcon après que le chant
ait enchanté la nuit et
pulpeuse la belle
ce visage aluné et le corps transi
en attente

la poésie surement y mène
et la corde les muscles bandés approcher du rêve
se saisir de ce halo et ...
là s'échappe la poésie pour un temps on pourrait
bien parler de Pan
de ravissement de rapt d'émerveillement
de big bang de
bigbande et d'étincellement sexuel ,

surement les mots trouveront la rive du sens
plus tard une fois l'acte
accompli et les sens au repos
l'homme augmenté reprendra le rêve
serait ce
que la poésie n'est que là
dans le leurre au sens où l'entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots
accrochent la
métaphore
se servent du réel en miroir
contemplent au sens la contemplation
s'arrêtent

il faudrait que le mouvement se refuse à la distance
ou bien l'enjeu est il
différent?

nécessairement l'homme écrivant
se maintient il à
cette table ou éloigné
dos à l'arbre se plonge-t'il
dans le vivant en partage
en songe en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l'objet de son désir ?

l'objet et la peur détournent des mains qui veulent
saisir

déterminé il faut cette rupture mais aussi
l'engagement comme d'un combat car il ne suffit pas de rompre
il faut saisir,
porter l'entrevu
le peut-il
et le corps y suffit il

n'est ce pas justement l'écart
l'impossibilité la
difficulté ou ce réputé pour
qui me force à harnacher de mots
à reclure
pour laisser s'octroyer les lignes et les couleurs

et s'effondrer les murs de chair

est il poésie sans écart hors du rêve
sans recul

s'emplir du réel qui devient
bourrasque orage tumulte

émotion se renforçant en chair

et se démultipliant

prenant une force insoupçonnée
surmultipliée

mais je rêve encore

la poésie serait plus forte si elle se situait
de
plein pied!

ou plus sure
assuré d'une brassée
enlacer la plus que vive et en être
plein

certain

et l'exigence d'aller plus loin
toujours renouvelée!

se rejoindre

malgré cette distance
cet écart où j'avance et cela
recule

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs
mais
je n'ose autrement qu'en vent
vent qui souffle de ce que je me crois
permis de mes tréfonds.

la vision d'une terre qui enserre
me rappelle à ma réalité d'exil
je peints cette rive comme un voilier caresse
mélancolique
les herbes et les mottes du rivage
l'appartenance pris entre la vague et le vent
saudade ambigue
entre empreinte et poussée des sèves
tellurique
le temps prononce la sentence
et matière promet des floraisons

les mots eux ouvrent l'espace
en vent debout
à la déchirure qu'impulse le désir
l'oeil dans la toile de l'absolu entrouvre
pétillant le pressentiment au vivre
hors de tout propos
les mots comme une liberté dans les blancs
deviennent la langue inconnue
ivre comme la brise
qui pousse et vibre au corps
car le sens et la trace
sous-tendent le piège
et pourraient ramener en arrière

c'est donc dans les vides
et le sens accordé à l'horizon
le chant improvise une mélodie
certaine et résonnent
du chaos du pas de l'homme
qui marche et déchire
le tissage du monde comme un passage

pris entre ces deux ancres
l'une amarrée et l'autre
fine comme une soie solaire
pris entre le devoir de fidélité
sûr de son tracé
opaque et l'aimant
d'une voile
ivre à l'assaut de l'ile
la mélancolie et la joie maligne
donne à l'oeil l'envie d'embrasser
l'absolu à venir